• Marianne Abramovici

Cet été, on apprend à décrire !

Eté 2020, je suis partie avec un petit manuel d'hygiène dont je vous ai raconté les bonnes pages



J'ai eu un vif plaisir à lire in extenso cet ouvrage, qui, dans un contexte de crise sanitaire, m'apportait un savoureux contre-point.


Eté 2021, j'ai déjà sélectionné les deux ouvrages dont j'ai envie de vous parler. Il s'agit d'un ouvrage de 1958 écrit par B. Cognet et M. Janet pour "La classe de Français", une collection de P. Clarac édité par la "Libraire classique Eugène Belin" intitulé "Apprendre à écrire - 1ère partie Les sensations" et un ouvrage de 1935 paru dans la collection "Nouveau cours gradué de lecture et de français" proposé par A. Souché et paru chez Fernand Nathan et s'intitulant : "la lecture expressive et le français au cours moyen 1er degré".



Ces deux livres ont quelques points communs. Ils sont des supports de formation en Français et cherchent à associer différentes compétences (lecture, vocabulaire, grammaire, rédaction...) dans un seul manuel.


Ils s'attachent également tous les deux à développer les capacités d'analyse des éléments de la langue favorisant l'apprentissage d'une écriture qui sait décrire. Ce qui est définit comme l'art de "rendre présents à l'imagination d'un lecteur des paysages, des objets, des personnages, des scènes qu'il n'a pas réellement devant lui, c'est essayer de les recréer avec des mots" (Cognet et Janet, p7)


A 80 ans d'écart, dans mon travail de pédagogue visant à développer les capacités d'écriture de mes étudiants comme prétexte (au deux sens du terme) pour apprendre à décrire une situation de service et à l'analyser, je me retrouve dans l'objectif de ces deux ouvrages.


Mais, en les parcourant, je réalise qu'ils proposent des outils et une pédagogie que je ne me souviens pas avoir reçu.


Je vous propose donc cet été un pas de côté dans le passé des ouvrages scolaires en espérant qu'ils nous donnent quelques clés pour le présent. Et je vais essayer de rendre cette lecture à la fois enrichissante et ludique.


En attendant, parce que resituer ces ouvrages dans leur contexte me semble important, j'ai commencé la lecture d'un classique : "L'histoire des manuels scolaires : une approche globale" de Alain Choppin. Pour moi qui m'intéresse depuis dix ans à cette histoire sans méthode, cet article, que vous pouvez retrouver ici https://www.persee.fr/doc/hedu_0221-6280_1980_num_9_1_1017 est une merveilleuse clé d'entrée.


Deux petites pépites de ma lecture de ce matin :

- La volonté de rédiger des ouvrages destinés à l'éducation est impulsée par la révolution Française : "La convention nationale charge son comité d'instruction publique de lui présenter les livres élémentaires des connaissances absolument nécessaires pour former les citoyens" (op cité, p 4).

- le fait que "ouvrages classiques" ou "librairie classique" signifiait au départ, littéralement, "réservé aux classes" (op cité, p 4).

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