• Marianne Abramovici

En bref, l'écoquartier....

Tentative d'épuisement d'un concept mul

tiforme....


Après plusieurs semaines de lecture, il est temps pour moi de présenter les dimensions d'analyse des discours sur les écoquartiers.


Avant de présenter les premières conclusions de ce travail, toujours en cours, quelques mots sur le contexte dans laquelle cette recherche s'intègre.


Dans le cadre du projet FUTURE de l'Université Gustave Eiffel, un partenariat rassemble des partenaires de l'Université Gustave Eiffel et le promoteur Eiffage autour de l'étude de l'écoquartier qui se construit à Chatenay Malabry, dans l'ancien site de l'Ecole Centrale. Appelé E3S, ce projet inédit "doit permettre aux travaux engagés dans le cadre des ateliers (entre les chercheurs et l'équipe Eiffage) de répondre simultanément à des enjeux de recherche mais aussi des enjeux opérationnels propres à Eiffage.


Je participe à l'atelier #01 : "Appropriation collective du territoire : regarder le projet autrement" et je m'inscris dans l'action 1 : "le récit : un outil pour penser la ville" avec comme objectif de voir comment le récit, qu'il soit produit dans le cadre d'ateliers d'écriture animés par ma collègue V. Tahar ou qu'il soit issu de communications des différents acteurs du projet (et idéalement dans le cadre des comités de suivi) peut être une forme de "modèle intermédiaire" ou "prototypage" propre à donner une première existence à la conception de nouveaux services issus de la concertation autour de la dimension "vivre ensemble" de cet écoquartier.


Parmi les dimensions remarquables de ce projet, le fait que les chercheurs interviennent en amont, au moment où le chantier commence ET dispose d'un lieu pour rencontrer les riverains et les futurs habitants : la maison du chantier.


Hélas, la crise sanitaire a perturbé ce terrain idéal, nous conduisant à retarder les observations qui devaient être faites au sein des ateliers animés par les chercheurs au sein de la maison du chantier.


Alors ce premier point s'appuie sur une analyse documentaire visant à mieux appréhender l'ensemble des dimensions de l'écoquartier afin d'avoir une première grille de catégorisation a priori pour l'analyse des discours produits sur cet écoquartier La Vallée (histoire de mieux appréhender les dimensions originales de ce projet).


Le graphique ci-dessous résume les premiers résultats et mets en évidence trois points essentiels.


1 - La notion d'écoquartier est le dernier né d'une longue famille de concepts nés, depuis les années 1970 et visant à penser "la ville durable", autre concept qui semble résumer toutes les dimensions prises en compte depuis 50 ans. Mais il intègre deux "résultats" de long processus de conceptualisation :

A - le quartier est une échelle appropriée pour aborder dans le temps l'ensemble des dimensions de la ville durable

B - Devant la difficulté de promouvoir une ville durablement plus agréable à vivre, il importe de mettre en place un processus organisé et finalisé, du projet à l'analyse de ces 15 premières années d'existence : c'est ce que dit le label d'écoquartier.


2. Ce concept est, par nature un concept que l'on ne peut aborder que sous un angle multidisciplinaire. C'est ce que souligne le code couleur tout en mettant en avant comme disciplines connexes à la gestion et clé : l'analyse des politiques publiques (et notamment le courant institutionnaliste) et le management public, le management de l'innovation sur un "objet" d'innovation nouveau : l'aménagement urbain (conférence de J-L Missika), le design des services dont la dimension coproduction / cocréation est finalement tout à fait appropriée aux caractéristiques de ce concept sans oublier toutes les disciplines qui pensent la ville durable et juste que j'ai synthétisé en "aménagement urbain / architecture" mais qui comprends bien d'autres disciplines.


3. En tant que spécialiste du design de service et de la gestion de l'innovation, je suis légitime à avoir un regard sur ce projet et bien au-delà de la seule question du prototypage, ma porte d'entrée dans ce projet.


En particulier, les formes de participation citoyenne qui seront possibles grâce à la maison du chantier m'intéresse à la fois dans leur dimension CX / UX (prise en compte des usagers, des destinataires de la communication sur ce projet) mais aussi et surtout dans l'analyse de cette maison comme lieu de construction du lien social, en amont de l'installation des premiers habitants, dans la continuité de mes travaux sur cette question dans le projet LISOHASIF (voir fiche "animateur de lien social" ici)


Cette première analyse des catégories légitimes pour analyser le concept d'écoquartier se sont basés sur les travaux et les conférences suivantes :


Eiffage et Université Paris-Est, 2018, dossier de présentation du programme ES3, inauguration du projet à la maison du chantier


Missika JL et Paris T., 2020, "Réinventer la ville", conférence Ecole de Paris du Management, Décembre 2020


Lanotte et Rossi, 2020, "Argument écologique et dissonance cognitive des clients-usagers dans la mise en place d’un transport souterrain des déchets au sein d’écoquartiers", revue de l'organisation responsable


Yepez-Salmon, 2011, construction d'un outil d'évaluation environnemental des écoquartiers : vers une méthode systématique de la mise en oeuvre de la ville durable, chapitre 1.


Boulay J. 2019, l'écoquartier comme lieu de vie durable et de qualité, mémoire de fin d'études, https://matheo.uliege.be/bitstream/2268.2/9089/17/S174250_BoulayJulie_2020_TFE_Version%20finale%281%29.pdf


Favoriser l'innovation, le permis d'expérimenter est né, ordre des architectes, https://www.architectes.org/actualites/favoriser-l-innovation-le-permis-d-experimenter-est-ne#:~:text=Pour%20pouvoir%20d%C3%A9roger%20%C3%A0%20certaines,d%C3%A9rog%C3%A9%20et%20que%20ces%20moyens (consultation décembre 2019)


Ecoquartier, article de Wikipedia (consulté en novembre 2020)

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