• Marianne Abramovici

Défi Famille à énergie positive : Corrigé d'une étude de cas

L'étude de cas à destination des étudiants du Master Management de l'Innovation, parcours Management et Ingénierie du Patrimoine Immobilier (MIPI) portait sur cette initiative déjà un peu ancienne (six ans ?) et mise en place dans la ville où j'habite : Noisy le Grand.

La question que je posais était de qualifier cette initiative sous l'angle des typologies de l'innovation, d'analyser les motivations sur lesquelles cette initiative s'appuyait notamment vis-à-vis des familles mais aussi de demander aux étudiants quels étaient, d'après eux, les principales questions posées par ce type d'initiative.

De mon point de vue, une étude de cas doit favoriser la capacité d'analyse des étudiants. Ce que je recherche dans cet exercice, c'est à évaluer la capacité des étudiants à s'emparer des concepts vus ensemble et à les mobiliser pour éclairer une situation.


Qu'ais-je appris de l'analyse par vingt étudiants de Master 2, spécialisés dans les problématiques de l'aménagement du territoire et sensibilisés à la question des big data ?


Si on mobilisait la typologie d'Oslo pour analyser cette innovation (ce que je leur suggérais), on pouvait souligner qu'en faisant coopérer des acteurs peu familiers à travailler ensemble (la collectivité, les distributeurs d'électricité, les familles), on faisait preuve d'innovation organisationnelle. Mais, si, on soulignait que l'article paru dans le journal local était avant tout un dispositif de communication, valorisant les initiatives eco-responsables et citoyennes de cette ville de Banlieue, on avait de quoi défendre qu'il s'agissait avant tout d'une innovation marketing.


Les étudiants ont bien fait la différence entre les motivation intrinsèques qui pouvaient décider une famille à s'inscrire à un tel défi : sensibilité écologique, souci de transmettre d'emblée les bons gestes à ses enfants, envie d'être exemplaire et d'agir, à son niveau, pour favoriser des comportements plus responsables. Bien entendu, le succès d'une telle initiative était de convaincre au delà des résidents déjà engagés dans des actions écologiques et les motivations extrinsèque comme la promesse d'une diminution des factures avait tout son sens.


Une dernière question suggérait aux étudiants de poser eux même trois questions autour de ce cas. J'ai été agréablement surprise par le fait qu'un bon tiers d'entre eux se sont posé la question de la durée des effets d'une telle initiative. Il s'agit en effet de la réserve majeure vis-à-vis de ce type d'initiative qui facilite la prise de conscience mais peine à modifier les comportements dans la durée. Les plus habiles ont suggéré d'associer à ces initiatives un peu d'open data afin de favoriser une analyse plus fine des effets de telles initiatives.

Est-ce que seule les familles inscrites voient leur facture diminuer ou bien le fait même d'en parler (en mobilisant le journal local mais également le réseau des familles impliqués) permet d'observer une diminution plus globale ?

Peut-on mieux comprendre quels profils de consommation sont les plus susceptibles d'adopter et de profiter de telles initiatives ?

Quels sont les effets dans la durée de telles initiatives. Pourraient-elles être dupliquer aux grands groupes industriels ?


Ces questions sont tout à fait pertinentes. Pour la petite histoire, j'avais repéré cette initiative alors que je faisais un travail de veille pour Efficacity, un programme de recherche mené à l'UPEM autour de l'efficacité énergétique. Je travaillais sur cette étude avec un acteur dont l'activité consistait à promouvoir des déplacements doux et éco-responsables à travers des principes de gamification et nous cherchions à savoir quels étaient les champs d'application possible d'une telle démarche. Je me souviens qu'au cours de nos échanges, nous avions souligné le caractère incontournable de l'implication des collectivités territoriales comme acteur essentiel pour faire le lien entre des acteurs privés et la population. C'était une des dernières questions posées autour de cette étude de cas et, sur ce point, je n'ai eu aucune mauvaise réponse.


Post-Scriptum

Il se trouve que je connais bien la famille en photo (et lauréate de la première édition). Je ne pense pas que c'était un hasard, mais le plus jeune des enfants était élu dans le conseil des jeunes. La famille était très active dans l'animation sociale du quartier (toujours au top au festival de Noisy, active en tant que parents d'élèves...). Le levier "exemplarité" était donc clairement plus important, pour eux, que celui des économies d'énergie.


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