• Marianne Abramovici

Chez Cécile, les oeuvres parlent....


Je vois bien que tu me regardes avec intérêt. Je suis nouvelle dans cet espace que tu connais bien et tu te demande d'où je viens. Avec ma cloche en verre, tu m'as rapidement rangée parmi les oeuvres qui m'entoure et pourtant, ma composition, composée de feuilles séchées, d'objets, de tissus et de terre t'étonne. Tu ne reconnais pas la collection à laquelle j'appartiens. Je suis unique, à part et tu te demandes quelle est mon histoire.




Et bien, sois contente, je vais te la raconter. Car je suis tout autant mon histoire que ma forme matérielle. Je ne suis pas objet. Je suis projet, expérience, trace. Je suis une oeuvre totale. Et comme ma fonction est de créer du partage et du sens, laisse moi te raconter d'où je viens.


Il faut que tu te déplace dans mon espace car si terre, c'est que je suis issue d'un terroir. Ce terroir est celui de la Sarthe, mettons Sablé sur Sarthe. Il y a dans cette ville et dans ces alentours, un nombre incroyable d'artistes et de professionnels qui savent tisser du liens et du bien-être. Autour de l'idée du soin, du partage et de la bienveillance est né un joli projet : La Casa Feliz. Une maison du bonheur ouverte à tous pour aider chacun, quelque soit son moment de vie, à prendre soin de lui. Par la danse, la psychologie positive, la randonnée-yoga ou philo, la facilitation graphique, le yoga, la sexologie, j'en passe. Dans le projet, il y a un lieu qui facilitera les rencontres et les pratiques artistiques mais ce lieu nécessite d'être remis en état. Donc un budget. Donc du temps.


Mais autour de cette belle idée, c'est tout un collectif qui s'est constitué et, depuis Novembre 2022, les activités de la Casa Feliz ont commencé...hors les murs.


Comme le lieu rencontre n'est pas, les intervenants ne se croisent pas, ne se connaissent pas. Comment tisser des liens entre ces intervenants qui partagent des valeurs et un projet ?




C'est dans la tête de ma créatrice que j'ai commencé à vivre, comme projet. Et si, pour faire de ce moment d'échanges entre ces intervenants un réel moment de découverte dans tous les sens de ce mot, on proposait à chacun des intervenants de venir avec un objet qui représenterait :

- ce qu'il est et notamment ce qu'il apporte, dans sa pratique, au projet commun

- sa vision, le rêve auquel il souhaite contribuer dans sa participation à ce commun.


Je pourrais être née de cette consigne mais cela ne vous expliquerait pas mon côté cabinet de curiosités. Car, de cette idée, ma créatrice a décidé de faire une expérience ludique et favorisant les rencontres, les vrais, celles qui se batissent autour du sens et de l'échange.


Elle a donc proposé à chacun de déposer son "oeuvre" sur un support neutre puis, elle a organisé une exposition de l'ensemble de ces éléments et, enfin, a ouvert le musée à tous. Chacun se promenait donc et regardait l'ensemble de ces objets personnels dont j'étais, même si jamais ma créatrice de l'admettra, le centre et le chef d'oeuvre.



Au terme d'une première déambulation silencieuse, chacun, à un moment donné, devait s'arrêter et choisir un des autres visiteurs. Il avait à sa disposition trois questions qui ne pouvaient pas être "directes" pour essayer de deviner de quel "oeuvre" cette personne était l'auteur. Et chacun avait à sa disposition une carte où il pouvait proposer une association entre oeuvre et auteurs. Je vous ai dit qu'il y avait des objets en moi. Ces trois pièces de scrabble composent le mot L I E N. Car par ma présence même et dans la proposition de parcours que j'incarne, je créais le lien.


Il y eu bien d'autres moments créatifs et d'échange lors de cette journée qui s'est poursuivi sur le thème de la création et du partage. Chaque participant a ainsi fait son portrait chinois, ce qui a encore enrichi l'installation. Mais je n'en dirais pas plus car je n'étais plus au centre. Je laisserai les autres traces en parler mieux que moi.



Il est temps de vous dévoiler "qui" je représente car, vous l'avez compris déjà, j'étais l'objet que ma créatrice avait emporté pour se représenter.


J'étais donc une création originale car elle est comme cela, toujours en mouvement, toujours créant, pour chaque moment et toujours ces créations sont magiques


J'étais feuille de Ginko car c'est la plante totem de la Casa Feliz et ma créatrice est aussi co-fondatrice de ce projet.


J'étais plus que tissu ou fil, création textile car c'est l'expression artistique devenue le principal média de ma créatrice.


Terre, mots, fils, oeuvre, tisseuse de liens, créatrice d'expérience, facilitatrice de projet, chef d'oeuvre, trace d'une aventure collective passée et à venir, je suis tout cela. Mon histoire méritait d'être dévoilée



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