• Marianne Abramovici

C'est quoi un robot ? Ce qu'on racontait aux enfants il y a 70 ans !

Règlez la machine à remonter le temps en 1955, retrouver votre âme d'enfant (on s'adresse à des enfants d'une dizaine d'année) et embarquez avec moi !


J'ai enfin reçu mon volume "Histoire des robots", datant de 1955, aux éditions de l'accueil, collection la récréation. Le style est un peu différent des deux premiers volumes. Il s'agit d'une succession d'histoire de tentatives pour reproduire le travail humain par des machines, en commençant par "la servante de cuivre et d'argent" "trois cent ans avant notre ère".


Les mécanismes cachés expliquant ces "miracles" sont présentés, ce qui conduit successivement à expliquer :

  • "les oiseaux siffleurs" (par le mécanisme de la vapeur),

  • le théâtres de marionnettes;

  • les mécanismes des automates d'horloge (les premières horloges d'Orient et d'Occident) et notamment celle de la cathédrale de Strasbourg,

  • les roues de musiqualle, dont on retrouve le mécanisme dans nos boîtes à musique

  • et enfin ces merveilles d'automates dont je soupçonnais la présence, de Vaucansson et de Jaquet-Droz (et notamment le dessinateur).



L'histoire du "joueur d'échec turc" et la révélation de la supercherie - c'était un complice caché - est également présentée. On peut s'étonner que cette supercherie soit dans cette liste mais sa présence est importante à signaler dans la "morale" de cette histoire de robots. Car, je cite :


"En attendant, on construit ce bonhomme d'acier que nous appelons robot. Sans doute, il nous impressionne. Mais il n'est pas autre chose que la "servante de cuivre et d'argent", le cymbalier de notre horloge - ou le "flûteur de Vancausson. Chaussé lourdement, difforme, empêtré dans ses tôles, c'est une armure du Moyen Age qui marche à l'électricité.

S'il n'a pas la grâce du Dessinateur ou de l'Ecrivain, est-il vraiment plus malin qu'eux ? Pour exécuter le portrait de Louis XV, le Dessinateur a besoins de plaques correspondantes. Jamais il ne fera, de lui-même, autre chose.


Ainsi notre robot. Il fume un gros cigare ? _ Oui, parce que son geste a été voulu et calculé. Mais il ne saurait pas cueillir une rose si rien n'est prévu, pour cela, dans sa mécanique implacable. Il parle ? Non plus que le Turc ne jouait aux échecs. Quelque chose est caché dans sa poitrine. Quand la voix humaine parvient à ses oreilles - ou plutôt, à ses écouteurs - les vibrations déclenchent le mécanisme qui entraînent un disque. Et ce disque - ou le petit film parlant - débite des réponses toutes faites à des questions convenues d'avance. C'est encore "la roue musiqualle" avec sa chanson préparée.


La petite fille, qui regarde le monstre, lui demande sans réfléchir : "tu me trouves belle ?" L'autre est là, comme un gros niais. La réponse n'est pas gravée sur le disque."



Pour autant, cette "morale" ne conclut pas l'ouvrage et c'est là que, selon moi, cela devient intéressant.

L'histoire des robots se poursuit en présentant l'utilisation de machines perfectionnées dans la "manufacture de poulets" et l'usine de mise en flacons de produits pharmaceutiques.


"Le robot n'est pas, d'abord, un mannequin d'acier plus ou moins grotesque, fumant un cigare mais la machine industrieuse qui remplace l'homme, travaille mieux que lui et pour lui".


Cette autre conclusion est assez visionnaire car, effectivement, la robotique a connu des années de développement au service de l'industrie avant de revenir, progressivement pour modifier la vie quotidienne.


L'avant dernier "miracle" présenté est la "machine à calculer". Ce qui est décrit là consiste bien en les premiers calculateurs qui deviendront nos ordinateurs.



Le dernier épisode concerne le premier vol radio guidé du Douglas C-54 Skymaster qui traverse l'atlantique uniquement grâce aux ordres envoyés de la terre.


Les auteurs de notre histoire des robots s'extasient que "son petit robot (la boite de contrôle), averti du danger, lui avait fait contourner une zone de mauvais temps".


La conclusion est étonnante, si on se rappelle la "morale" : "ils savent maintenant que, si la machine a besoin d'eux pour être construite et sans doute, perfectionnée davantage.... après cela, elle marche toute seule".


Par curiosité, je suis allée comparer cette histoire des robots, écrite dans les années 1950, avec l'histoire de la robotique que vous pouvez consulter ici https://www.gotronic.fr/blog/histoire-de-la-robotique/


Si le début est très similaire aux deux ouvrages sur lesquels je me suis appuyée, cette histoire contemporaine aborde la cybernétique et l'interaction avec des variables de l'environnement comme une des étapes clés de l'avènement de la robotique.


L'étape suivant, contemporaine à la date où notre "histoire des robots" paraît est l'introduction de l'intelligence artificielle avec le test de Turing. Dater l'apparition de l'intelligence artificielle au moment où cette rétrospective est faite me permet de comprendre pourquoi elle n'est pas prise en compte.


Car, l'intelligence artificielle est un composant clé qui, avec la puissance calculatoire des ordinateurs, va permettre de dépasser les limites de la "programmation par règles" déjà intégrée dans le dessinateur et concevoir des robots qui seront capable de battre les champions du monde aux échecs.


Pour finir, j'ai essayé de retrouver ce qui avait pu inspirer le "bonhomme d'acier"

moqué lors de la morale. Sans certitude, il semble que ce passage s'inspire de la redécouverte du "chevalier mécanique" de Léonard de Vinci dont on retrouva les notes et dont on refit un exemplaire, au début des années 50.


Voilà, ce sera tout pour ce petit voyage rétrofuturiste sur l'histoire des robots. Les années 2020 semblent parfois rejoindre les récits de la science fiction des années 50, sans qu'il ne soit possible de comprendre si c'est pour le meilleur ou le pire....


Retrouvez le premier épisode ici



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